mardi 29 janvier 2008

PETROLE : On nous aurait menti...?

Les chiffres sur les réserves de pétrole sont faux !

Les experts de l’Aramco ont estimé à 10,15 millions de barils/jour la capacité de production du pays en 2011. Or, selon le ministère américain de l’Energie, le royaume, pour répondre aux besoins mondiaux, devra extraire 13,6 millions de barils/jour en 2010 et 19,5 millions de barils en 2020.

Seul problème : l’ensemble de ces projections est dépourvu de toute fiabilité. La production saoudienne à cette époque sera nettement inférieure, tandis que la demande mondiale, elle, aura explosé et dépassé les estimations prévues.

J’ai fait un constat effarant en progressant dans mon enquête : les chiffres concernant l’ampleur réelle des ressources pétrolières mondiales sont faux, qu’ils émanent des pays producteurs ou des compagnies pétrolières. Une véritable conspiration du silence et du mensonge. Les producteurs exagèrent le niveau de leurs réserves, accroissant ainsi leur influence et leur poids financiers ; les compagnies pétrolières, en faisant de même, envoient un message rassurant à leurs investisseurs quant à leur rentabilité. Les gouvernements des Etats consommateurs, en fermant les yeux, évitent l’impopularité. De plus, le prix du pétrole payé par les consommateurs constitue un véritable transfert de richesse pour les Etats, à travers les taxes. En France, le montant des taxes sur le pétrole, si on ajoute la TVA, dépasse 75 %.

Parler de pétrole et vouloir prendre des mesures courageuses et nécessaires est un exercice extrêmement risqué pour tout homme politique. Jimmy Carter déclara à l’opinion publique américaine que réduire la dépendance envers le pétrole étranger était « l’équivalent moral d’une guerre ». Messager porteur de mauvaises nouvelles, il ne fut pas réélu.

En examinant attentivement les chiffres publiés officiellement sur les réserves prouvées, je fais une première découverte : les réserves totales des pays de l’OPEP ont connu une croissance vertigineuse de plus de 65 %, passant de 467,3 milliards de barils en 1982 à 771,9 milliards de barils en 1991. Sans qu’aucune découverte d’importance ne justifie cette hausse de plus de 300 milliards de barils. Cette augmentation coïncide avec un nouveau système de quotas mis en application en 1986 par l’OPEP. Grâce à ce nouveau système d’évaluation, les réserves prouvées de l’Arabie saoudite passent de 169 à 260 milliards de barils, tandis que celles du Koweït augmentent de près de 50 %. Pour l’Emirat d’Abu Dhabi, les 30 milliards de barils déclarés en 1985 se transforment en 92 milliards en 1988 ; quant à l’Irak, les 49 milliards de barils de 1985 deviennent 100 milliards en 1988.

Par un simple jeu d’écriture, un artifice comptable sans rapport avec la réalité, les pays de l’OPEP trouvent ainsi le moyen d’augmenter leurs revenus en exportant plus.

Nicolas Sarkis m’a fourni de nouvelles données qui concernant cette fois l’Iran. Téhéran a publié en 2003 une réévaluation de 35,7 % de ses réserves, les portant de 96,4 milliards de barils à la fin 1999 à 130 milliards à la fin de 2002. Pour les autorités iraniennes, cette réévaluation phénoménale serait justifiée par l’amélioration du taux de récupération de pétrole. Un argument qui suscite une profonde incrédulité chez tous les experts. Ces exagérations sont d’autant plus faciles que les réserves « prouvées » sont inventoriées par les Etats producteurs et les compagnies pétrolières, et que ces chiffres sont publiés chaque année par les deux annuaires de référence de monde pétrolier, BP Statistical Review et Oil and Gas Journal, qui ne s’interrogent jamais sur la fiabilité et la réalité de ces informations.


Selon Colin Campbell, 46 % des ressources actuelles déclarées par les principaux pays de l’OPEP sont « douteuses », sinon « fausses ». Et face à cette réalité les gouvernements sont, selon lui, pathétiquement mal informés et mal préparés.

Pendant longtemps, cet ancien géologue britannique fut une voix soigneusement marginalisée et même étouffée par les grandes compagnies pétrolières. Parce que dangereux et compétent, ou plutôt dangereux parce que compétent.

Ses analyses, solidement étayées, sur l’imminence d’un déclin pétrolier ont fait voler en éclats les discours et les vérités officiels. Il a créé l’ASPO, l’Association pour l’étude du pic pétrolier, qui regroupe d’anciens géologues et responsables de la prospection au sein des groupes pétroliers. Campbell a travaillé comme géologue pour Texaco, BP et Aramco, avant de devenir président de Nordic American Oil Company, puis consultant pour Statoil, Mobil, Amerada, Shell, Exxon. C’est donc un homme du sérail devenu un dissident. A ses côtés, le Français Jean Laherrère, qui travailla pendant trente-sept ans pour Total et fut longtemps le responsable des techniques d’exploration du groupe.

Pour ces hommes, la falsification des données officielles sur les réserves de pétrole encore disponibles est générale et systématique. Campbell affirme : « Si les chiffres réels étaient connus, ce serait la panique sur les marchés financiers. » Laherrère ajoute : « Aujourd’hui, il est impossible pour un pétro-géologue de parler ouvertement du pic pétrolier s’il n’est pas à la retraite. » Pour traiter rigoureusement la question des réserves, selon les deux hommes, il faudrait abandonner la notion de « réserves prouvées », « probables » ou « estimées » actuellement en vigueur, au profit de « réserves récupérables à terme », c’est-à-dire la quantité totale de pétrole qui pourrait être extraite d’un gisement. Sur certains puits forés, 40 % du pétrole existant ne sont pas pompés, en raison souvent de difficultés techniques.

Commentant les manipulations des montants exacts de leurs réserves par les pays producteurs, Laherrère estime : « Les chiffres officiels des réserves pétrolières sont loin d’être des données purement scientifiques. C’est le reflet d’un patrimoine financier que les Etats valorisent ou déprécient, selon leur intérêt du moment. »

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=10130


samedi 26 janvier 2008

Biocarburants à partir d'algues, farce ou attrape?


Aux Etats-Unis, des dizaines de start up, nées en 2007, recherchent et développent la production d’huile carburant à partir d’algues.

Sur le papier, produire de l’huile carburant à partir d’algues semble être la substitution la plus plausible au pétrole.

Une production qui pourrait répondre à la fois aux problèmes environnementaux que sont les émissions de CO2 et aux besoins immenses d’énergies pour prospérer. La conversion par des algues de sources de carbone comme le CO2 en huile carburant donnerait en effet des rendements de 30 à 100 fois supérieurs aux cultures oléagineuses. Logique quand on connaît la capacité de prolifération des algues. Il y a dans l’algaculture de quoi bien approvisionner la planète sans rogner sur ses besoins en nourriture.

Autant dire que ce défi technique de l’huile d’algue fait rêver : plus d’émissions de CO2, du biocarburant en quantité suffisante, propre et renouvelable puisque l’énergie originelle vient du soleil.

Conscients de sa pétrodépendance, les États-Unis se passionnent pour ce sujet. En 2006 et 2007, on ne compte plus les startup, les blogs et les firmes ayant pignon sur rue qui annoncent le lancement d’une division de R&D ou d’une unité de production d’huile à partir d’algues.

Mais, pour l’instant, aucun volume significatif d’huile d’algue n’est sorti d’une quelconque usine, même pour les projets les plus concrets comme Greenfuel qui a pourtant levé 20 millions de dollars de fonds en 2006.
De nombreux chercheurs, phycologues ou algologues et autres spécialistes de la question, persuadés de pouvoir y arriver seuls, quittent leur unité de recherche avec quelques dizaines de milliers de dollars en poche pour fonder leur startup.

Même les compagnies pétrolières se lancent dans l’aventure, certaines simplement pour s’acheter une image éthique comme Petrosun et d’autres, de manière plus sérieuse, en injectant d’importants fonds comme Chevron ou Shell et son projet Cellena à Hawaï. Les algues sont cultivées dans d’immenses piscines à ciel ouvert utilisant de l’eau de mer. Chevron, la plus grande compagnie pétrolière américaine, fonde également de réels espoirs. D’autres pays se penchent également sur la question comme l’Inde avec Algoil et même la France depuis décembre 2006 avec le projet Shamash qui a levé 2,8 millions d’euros de fonds.

Les difficultés techniques de l’algaculture

Pour aboutir à un tel projet, les compétences requises sont nombreuses : génétique, phycologie, mécanique des fluides, biochimie et raffinage industriels, motoristes. Mais rien pour l’instant ne permet d’affirmer que les startup arriveront à des cultures d’algues contentant 80 % d’huile en poids comme le soutien GreenFuel, du moins en conditions industrielles. L’eutrophisation contrôlée, procédé par lequel les algues prolifèrent en conditions maîtrisées, est confrontée à de nombreux problèmes techniques :
- contamination des algues,
- solubilisation des gaz à base de carbone (fumées) tout en maintenant la viabilité du milieu,
- optimisation de l’interface gaz/liquide,
- souches d’algues adaptées,
- dispersion de la lumière dans les photobioréacteurs, etc.


Principale source d’intrants pour l’agriculture

Finalement, les chercheurs d’or vert devront probablement revenir à la réalité. Dans un premier temps, l’huile carburant risque de n’être qu’un coproduit de l’algaculture. La biomasse d’algues peut être aussi convertie en électricité via la méthanisation et la cogénération électrique. Egalement en fertilisants en remplacement des engrais ou en aliments pour le bétail. À terme, les principaux intrants de l’agriculture viendront probablement des algues.

Par David Lefebvre, le 31/12/2007. http://www.econologie.com/biocarburant-a-base-d-huile-de-microalgues-et-centrale-verte-articles-3576.html

Préambule

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Et rappelons nous, qu'un petit geste fait par une personne n'est rien, mais un petit geste fait par 6 milliards de personnes, c'est énorme !

Charlotte