mercredi 11 juin 2008

"la pire des fausses bonnes solutions" !!? Quésako?

C’est ce qu’a déclaré le WWF le 19 juin, expliquant que dessaler, filtrer et évaporer l’eau de mer nécessite beaucoup d’énergie, entraînant d’importantes émissions de gaz à effet de serre (GES) et pourraient avoir un impact sur la faune marine.

Le WWF évalue le nombre d’usines de dessalement à 10.000 dans le monde. Il estime que le secteur pourrait croître de façon exponentielle dans les prochaines années car les gouvernements cherchent à fournir de l’eau aux zones arides, qui s’étendent rapidement en Chine, aux Etats-Unis, ou encore en Inde. La moitié des capacités de dessalement se situe dans la région du Golfe où les pays producteurs de pétrole utilisent cette technique pour couvrir 60% de leurs besoins en eau.




Extraits :
La fabrication de l’eau potable à partir de l’eau de mer ne cesse de croître bien que l’on sache désormais que cela constitue une menace potentielle pour l’environnement. En effet, le dessalement de l’eau de mer accélère le changement climatique, indique le rapport du WWF. Plutôt que de préserver leurs ressources naturelles en eau, certains des pays parmi les plus secs et les plus arides - mais aussi les plus riches - ont de plus en plus recours au dessalement. Ceux-ci incluent des régions où les problèmes de desserte en eau concernent des régions fortement peuplées d’Australie, du Moyen-Orient, d’Espagne, du Royaume Uni et des USA, ainsi que dans deux des pays les plus peuplés et en plein développement : l’Inde et la Chine. Le dessalement de l’eau de mer est l’un des procédés les plus coûteux économiquement et écologiquement parlant. Il est en effet le plus consommateur d’énergie et produit une très importante quantité de gaz à effet de serre (GEZ), démontre Jamie Pittock, Directeur du programme global d’eau douce de WWF. M. Pittock plaide pour un retour au bon sens et à des moyens complémentaires - redistribution de l’eau recyclée par des procédés naturels notamment - pour fournir l’eau douce nécessaire à meilleur coût et sans le moindre risque pour l’environnement. Aujourd’hui, 60% des besoins d’eau douce dans le Golfe d’Arabie sont couverts par le dessalement. La ville australienne de Perth couvre le tiers de ses besoins d’eau douce de la même façon. Quant à l’Espagne, elle consacre une proportion aberrante d’eau dessalée - 22% de sa production totale d’eau douce - pour satisfaire aux besoins, d’une part, de son agriculture maraîchère récemment implantée en zones arides, et, d’autre part, des vacanciers qu’elle accueille sur ses côtes. Le dessalement intensif augmente les émissions de gaz à effet de serre, la salinité des nappes d’eau saumâtre accélère la détérioration des zones côtières concernées et entraîne, bien que d’une façon moins grave pour l’instant, une modification du régime des fleuves et des marécages. Plusieurs des zones d’activité intensive de dessalement subissent des effets préjudiciables aux ressources naturelles en eau douce, et singulièrement pour les nappes phréatiques. Une gestion durable des ressources naturelles d’eau douce implique qu’on accepte d’y consacrer au plus tôt des moyens humains et d’ingénieurie bien plus importants qu’à l’heure actuelle. L’enjeu est d’éviter de faire courir des dommages irréversibles à la ressource, à l’environnement et à l’humanité toute entière car c’est elle qui, à terme, risque - si nous lésinons sur les moyens - d’en payer le prix le plus élevé. Commençons par protéger ces véritables richesses que sont les ressources naturelles disponibles telles que les cours d’eau, les zones inondables, les étangs et les marécages. Ces systèmes naturels, s’ils sont préservés, épurent et fournissent l’eau tout en nous protégeant des événements extrêmes ou catastrophiques. « Les grandes usines de dessalement pourraient rapidement avoir des conséquences aussi catastrophiques que nombre de barrages hydrauliques et masquer, elles aussi, l’importance de l’économie naturelle des fleuves et des marécages », ajoute Jamie Pittock, Directeur du programme global d’eau douce de WWF. « Comme pour n’importe quelle technique relativement nouvelle, tels les grands barrages qui ont fleuri dans les années 50, les effets néfastes sont perçus lorsqu’il est trop tard et qu’ils sont trop onéreux à réparer ». Pour l’avenir, ce dont nous avons le plus besoin, c’est d’une attitude radicalement différente face à la question de l’eau douce et aux moyens technologiques à mettre en œuvre pour une gestion durable de cette ressource vitale.

* Le Sommet mondial du développement durable, appelé “Sommet de la Terre 2002”, organisé par les Nations unies, s’est tenu du 26 août au 4 septembre 2002, à Johannesbourg (Afrique du Sud).


La pire des fausses “bonnes solutions”Témoignages du lundi 25 juin 2007 (page 10)http://www.temoignages.re/article.php3?id_article=22974

mercredi 13 février 2008

Quel est le mot...




Impressionnant ... ou effarant ?


Et 35 ans seulement séparent ces deux clichés

(1970 - 2005)

http://www.neomansland.org/article-16380815.html

laisser son empreinte: oui, mais réduire son empreinte écologique: mieux !

Si ce n'est déjà fait, je vous invite vivement à calculer votre "empreinte écologique" (terme très très très à la mode il faut avouer...).

Il s'agit d'un indicateur élaboré par le WWF pour mesurer la pression qu’excerce l’homme sur la planète, à partir de l’utilisation des ressources naturelles ( énergie, pêche, forêts ) et la capacité de la terre de les régénérer.

De là, on déduit quelle " surface biologiquement productive" est nécessaire à une population pour maintenir son mode de vie.

Par exemple, si tout le monde vivait comme les francais (moyens..), il nous faudrait trois planètes terre pour vivre de manière durable...
Ce n’est pas pour nous défausser, mais il a bien pire encore, devinez-donc à quel pays il faudrait plus de quatre planètes pour vivre selon son mode de vie ?

Vous avez l’impression de vivre de manière économe et écologique ? Vous êtes-vous déjà demandé quelles étaient les conséquences de votre mode de vie sur la planète ?
Vous allez le découvrir bientôt...

Ce questionnaire sur l’Empreinte Ecologique mesure la quantité de terre et d’eau qui vous sont nécessaires pour produire ce que vous consommez et pour absorber ce que vous jetez. Après avoir répondu à 15 questions simples, vous allez pouvoir comparer votre Empreinte Ecologique à celle des autres habitants de la planète et à la capacité biologique de la Terre.


N’hésitez pas à faire le test, il prend moins de 5 minutes. C’est édifiant !



So british !

L’agriculture : la pire des inventions ?
Chaque année, la revue britannique The Ecologist organise avec le Coady International Institute un concours récompensant le meilleur essai sur les questions d’environnement. En 2006, l’heureux gagnant est un illustre inconnu, Clive Dennis. Il est l’auteur d’un article sobrement intitulé « L’agriculture : la pire invention de l’humanité », disponible sur le site internet de The Ecologist ainsi que dans le numéro d’octobre 2006 de sa version papier.

Sans la moindre ironie, Clive Dennis se livre à un éloge dithyrambique de la société préagricole basée sur la chasse et la cueillette. Selon lui, les quelques centaines de milliers d’humains qui peuplaient alors la planète goûtaient à un bonheur paradisiaque : « Les chasseurs-cueilleurs vivaient une vie de plénitude, dans une société décrite avec justesse comme “la société originelle d’abondance” ». Mère-nature - également appelée Gaïa - veillait et « il suffisait de consacrer trois à quatre heures [à la chasse] pour subvenir à ses besoins quotidiens en nourriture ». Le reste du temps était consacré « à rendre visite à des amis, faire de la musique, danser, philosopher, jouer avec les enfants, se relaxer et dormir » ! C’est « en changeant radicalement la façon de se procurer la nourriture [que] l’agriculture nous a condamnés à une vie pire que jamais : nous avons perdu notre temps libre ; nous mangeons moins bien ; nous disposons d’une moins bonne santé et nous avons perdu notre autonomie. Pire, l’agriculture a instauré les conditions premières des guerres de grande ampleur, des inégalités, des empires, d’une société hiérarchisée, de la pauvreté, de la criminalité, des famines et des changements climatiques induits par l’homme, ainsi que des extinctions massives ». Bref, le passage de la société nomade des chasseurs-cueilleurs à la société sédentaire agricole constituerait le péché originel de l’homme !

C’est ce que Clive Dennis tente de prouver, en citant notamment dans son article l’écologiste malthusien Paul Ehrlich, auteur du livre « La Bombe P. » publié en 1968. Dans cet ouvrage, le militant américain s’insurgeait contre le développement des pays du Sud : « Pensons à ce que deviendrait l’atmosphère si 700 millions de Chinois se mettaient à conduire des automobiles ». Et d’affirmer : « La plupart de ces nations ne seront jamais, en toute hypothèse, “développées” dans le sens où le sont aujourd’hui les pays industriels d’Amérique et d’Europe. On pourrait les appeler plus correctement des nations “qui ne seront jamais développées” ». Ces propos sont en parfaite harmonie avec ceux de Clive Dennis, qui encourage l’abandon du principe même de l’agriculture pour revenir aux sources primitives de l’humanité, c’est-à-dire à cette société préagraire « idyllique », à « cette vie que nous avons perdue » : « L’agriculture nous a privés de l’héritage de la société de la chasse et de la cueillette, rendant impossible la vie dans la société égalitaire et consensuelle de nos ancêtres. A sa place, elle nous impose des structures sociales nouvelles, des structures d’aliénation et de domination, qui nécessitent l’expansion de l’agriculture ».
Il conclut : « Notre vision utopiste d’un futur libéré des problèmes actuels grâce à l’ingéniosité humaine et aux compétences techniques est possible sur le papier, mais improbable dans le monde réel. Nous avons déjà commis la pire des erreurs possibles [en développant l’agriculture] et nous avons passé 10 000 ans à perfectionner cette invention désastreuse ».

On saisit mieux pourquoi tant de haine envers la science, le progrès et les OGM ! En revanche, il est plus difficile de comprendre comment The Ecologist et son petit réseau de militants extrémistes arrivent encore à bénéficier d’un quelconque crédit auprès de militants de syndicats agricoles... qu’ils tiennent précisément pour responsables du mal suprême !


Gil Rivière-Wekstein
Publié dans le numéro 44 d’a&e Janvier 2007

mardi 5 février 2008

L'alliance pour la Planète

Paris, France — Le 24/10/07 - A la fin de la première partie des négociations consacrées à la lutte contre les changements climatiques et l'énergie, l'Alliance pour la planète prend acte de l'annonce de la réorientation en profondeur de la politique énergétique. En revanche, le ministre Borloo n'a pas tiré les conclusions qui en découlent : abandon du projet EPR et adoption de la contribution climat énergie. L'arbitrage revient à Nicolas Sarkozy qui devra le lendemain impérativement trancher en faveur de ces mesures, qui seules permettront la rupture nécessaire de la politique énergétique française.


Rupture sur le bâtimentLes mesures prévues sur le bâtiment sont à la hauteur de l'enjeu : plan de rénovation de l'ancien, nouvelle réglementation thermique pour le neuf, rénovation des bâtiments publics. « L'impulsion est donnée. Elle témoigne d'une volonté de rupture de l'Etat. Il faut maintenant être très vigilant quant aux modalités d'applications qui seront décidées dans les groupes de travail » déclare Thierry Salomon, président de l'association Négawatt.

Simple impulsion sur les transports
Eco redevance sur les poids lourds, éco pastille sur les véhicules particuliers, transfert modal vers le ferroviaire et les voies d'eau… Les intentions sont exprimées et là encore, une volonté de rupture se dégage. « Encore une fois, tout dépend maintenant des modalités de mise en œuvre : l'objectif peut être ambitieux, mais nous n'avons guère de visibilité sur le calendrier et les moyens » affirme Olivier Louchard, du Réseau Action Climat France. Le gel annoncé en fanfare sur les nouvelles capacités routières et aéroportuaires peut par exemple être remis en cause pour des enjeux de sécurité ou de congestion ou d'« intérêt local ». « Ces trois termes, tout particulièrement le dernier, particulièrement flou, peuvent justifier de nouveaux projets irresponsables. »

Les conclusions ne sont pas tiréesLa France s'est approprié les objectifs fixés par l'Union européenne : amélioration de 20% de l'efficacité énergétique, 20% d'énergies renouvelables à l'horizon 2020. « C'est intéressant, mais la France peut aller beaucoup plus loin, comme le démontre le scénario développé par Negawatt : 30% d'efficacité et 25% d'énergie renouvelable » précise Thierry Salomon. Par ailleurs, les conclusions qui découlent des économies d'énergie et du développement des renouvelables décidées ne sont pas tirées : abandon du projet de réacteur EPR, devenu inutile, et instauration de la contribution climat énergie. « Le coût environnemental de l'énergie doit être absolument abordé : c'est la responsabilité de Nicolas Sarkozy d'engager demain au cours de ce Grenelle la France sur la voie de la rupture » déclare Yannick Jadot, porte parole de l'Alliance pour la planète. Le jour de l'ouverture du Grenelle, les pérégrinations marocaines pro nucléaires de M.Sarkozy, nouveau VRP d'Areva, constituent une véritable provocation !

lundi 4 février 2008

80 à 90 % des nuisances environnementales sont provoquées par...

... L'énergie, oui.


A tous les stades de sa transformation, l’énergie est source de nuisances : marées
noires, effet de serre, couche d’ozone, déchets radioactifs, la liste est longue et l’impact
environnemental de ces nuisances n’est plus nié par quiconque. La plus médiatisée de ces
menaces est le réchauffement climatique (majoritairement dû au CO2) dont d’origine
anthropique est aujourd’hui bien établie : le monde libère déjà deux fois plus de carbone que ce
que la Terre peut absorber (essentiellement par les océans).
Si les pays riches ne divisent pas
très vite par 4 ou 5 (voire 10 pour certains) leurs rejets de gaz à effet de serre (donc aussi leurs
consommations d’énergie), les désordres observés se multiplieront : inondations, tempêtes,
modification des régimes de climats et de pluies, inversion des grands courants marins, voire
« débullage » de l’océan qui au lieu d’absorber le CO2 relarguerait celui qu’il contient déjà.
L’issue serait fatale...

Le coût de ces désordres est déjà considérable : en 2002, la Munichoise de Réassurance
l’a évalué à 55 milliards de dollars pour le monde. Les tempêtes de 1999 ont coûté en France
plus de 15 milliards d’euros , soit le coût de 9 réacteurs nucléaires ou de 65 années du
plan national d’amélioration de l’efficacité énergétique...
En moyenne la hausse de température prévue par les différents modèles de prévision au
cours du 21ème siècle est de 4,1°C. On ne dispose pas dans les annales climatologiques de
températures terrestres supérieures de 4°C aux valeurs actuelles. En revanche on dispose de
températures inférieures de 5°C. C’était il y a 20.000 ans. Le niveau des océans était plus bas
de 120 m, l’Amérique et l’Europe du Nord jusqu'à l’Allemagne étaient recouvertes de 3 km de
glace, on allait à pied sec de France en Angleterre, et le sol Français était du permafrost
interdisant toute forme d’agriculture. On doit donc se convaincre rapidement que 4°C de plus
ne consistera pas à se bronzer plus longtemps en été et à se chauffer un peu moins en hiver. Il
risque de s’agir d’une disparition massive de la population humaine, et de conditions
d’existence qui n’auront radicalement plus rien à voir avec ce que nous connaissons
aujourd’hui...


La seconde menace environnementale est évidemment celle du nucléaire. En France, le
sujet est éminent polémique et cela nuit profondément à la qualité du débat. Mais reconnaître
tous ses mérites à l’énergie nucléaire ne dédouane guère d’une réflexion plus critique : déchets
sans solution, dissémination de matières radioactives, risques d’accidents majeurs,
dissémination de l’arme nucléaire (comme on l’observe avec les pays de l’ex-URSS qui se sont
constitués en pourvoyeurs de matière fissile bon marché, ou comme le scientifique Abdul Kahn
au Pakistan qui s’occupe quant à lui notamment de la Corée du Nord et de l’Iran) resteront
pour encore longtemps, et malgré la bienveillance de scientifiques de renom, les marques d’une
industrie bien sale, même si, en France, elle contribue de façon positive à la lutte contre le
réchauffement climatique...


Energie: les vrais enjeux
Olivier Sidler, Energéticien
Novembre 2002


mardi 29 janvier 2008

PETROLE : On nous aurait menti...?

Les chiffres sur les réserves de pétrole sont faux !

Les experts de l’Aramco ont estimé à 10,15 millions de barils/jour la capacité de production du pays en 2011. Or, selon le ministère américain de l’Energie, le royaume, pour répondre aux besoins mondiaux, devra extraire 13,6 millions de barils/jour en 2010 et 19,5 millions de barils en 2020.

Seul problème : l’ensemble de ces projections est dépourvu de toute fiabilité. La production saoudienne à cette époque sera nettement inférieure, tandis que la demande mondiale, elle, aura explosé et dépassé les estimations prévues.

J’ai fait un constat effarant en progressant dans mon enquête : les chiffres concernant l’ampleur réelle des ressources pétrolières mondiales sont faux, qu’ils émanent des pays producteurs ou des compagnies pétrolières. Une véritable conspiration du silence et du mensonge. Les producteurs exagèrent le niveau de leurs réserves, accroissant ainsi leur influence et leur poids financiers ; les compagnies pétrolières, en faisant de même, envoient un message rassurant à leurs investisseurs quant à leur rentabilité. Les gouvernements des Etats consommateurs, en fermant les yeux, évitent l’impopularité. De plus, le prix du pétrole payé par les consommateurs constitue un véritable transfert de richesse pour les Etats, à travers les taxes. En France, le montant des taxes sur le pétrole, si on ajoute la TVA, dépasse 75 %.

Parler de pétrole et vouloir prendre des mesures courageuses et nécessaires est un exercice extrêmement risqué pour tout homme politique. Jimmy Carter déclara à l’opinion publique américaine que réduire la dépendance envers le pétrole étranger était « l’équivalent moral d’une guerre ». Messager porteur de mauvaises nouvelles, il ne fut pas réélu.

En examinant attentivement les chiffres publiés officiellement sur les réserves prouvées, je fais une première découverte : les réserves totales des pays de l’OPEP ont connu une croissance vertigineuse de plus de 65 %, passant de 467,3 milliards de barils en 1982 à 771,9 milliards de barils en 1991. Sans qu’aucune découverte d’importance ne justifie cette hausse de plus de 300 milliards de barils. Cette augmentation coïncide avec un nouveau système de quotas mis en application en 1986 par l’OPEP. Grâce à ce nouveau système d’évaluation, les réserves prouvées de l’Arabie saoudite passent de 169 à 260 milliards de barils, tandis que celles du Koweït augmentent de près de 50 %. Pour l’Emirat d’Abu Dhabi, les 30 milliards de barils déclarés en 1985 se transforment en 92 milliards en 1988 ; quant à l’Irak, les 49 milliards de barils de 1985 deviennent 100 milliards en 1988.

Par un simple jeu d’écriture, un artifice comptable sans rapport avec la réalité, les pays de l’OPEP trouvent ainsi le moyen d’augmenter leurs revenus en exportant plus.

Nicolas Sarkis m’a fourni de nouvelles données qui concernant cette fois l’Iran. Téhéran a publié en 2003 une réévaluation de 35,7 % de ses réserves, les portant de 96,4 milliards de barils à la fin 1999 à 130 milliards à la fin de 2002. Pour les autorités iraniennes, cette réévaluation phénoménale serait justifiée par l’amélioration du taux de récupération de pétrole. Un argument qui suscite une profonde incrédulité chez tous les experts. Ces exagérations sont d’autant plus faciles que les réserves « prouvées » sont inventoriées par les Etats producteurs et les compagnies pétrolières, et que ces chiffres sont publiés chaque année par les deux annuaires de référence de monde pétrolier, BP Statistical Review et Oil and Gas Journal, qui ne s’interrogent jamais sur la fiabilité et la réalité de ces informations.


Selon Colin Campbell, 46 % des ressources actuelles déclarées par les principaux pays de l’OPEP sont « douteuses », sinon « fausses ». Et face à cette réalité les gouvernements sont, selon lui, pathétiquement mal informés et mal préparés.

Pendant longtemps, cet ancien géologue britannique fut une voix soigneusement marginalisée et même étouffée par les grandes compagnies pétrolières. Parce que dangereux et compétent, ou plutôt dangereux parce que compétent.

Ses analyses, solidement étayées, sur l’imminence d’un déclin pétrolier ont fait voler en éclats les discours et les vérités officiels. Il a créé l’ASPO, l’Association pour l’étude du pic pétrolier, qui regroupe d’anciens géologues et responsables de la prospection au sein des groupes pétroliers. Campbell a travaillé comme géologue pour Texaco, BP et Aramco, avant de devenir président de Nordic American Oil Company, puis consultant pour Statoil, Mobil, Amerada, Shell, Exxon. C’est donc un homme du sérail devenu un dissident. A ses côtés, le Français Jean Laherrère, qui travailla pendant trente-sept ans pour Total et fut longtemps le responsable des techniques d’exploration du groupe.

Pour ces hommes, la falsification des données officielles sur les réserves de pétrole encore disponibles est générale et systématique. Campbell affirme : « Si les chiffres réels étaient connus, ce serait la panique sur les marchés financiers. » Laherrère ajoute : « Aujourd’hui, il est impossible pour un pétro-géologue de parler ouvertement du pic pétrolier s’il n’est pas à la retraite. » Pour traiter rigoureusement la question des réserves, selon les deux hommes, il faudrait abandonner la notion de « réserves prouvées », « probables » ou « estimées » actuellement en vigueur, au profit de « réserves récupérables à terme », c’est-à-dire la quantité totale de pétrole qui pourrait être extraite d’un gisement. Sur certains puits forés, 40 % du pétrole existant ne sont pas pompés, en raison souvent de difficultés techniques.

Commentant les manipulations des montants exacts de leurs réserves par les pays producteurs, Laherrère estime : « Les chiffres officiels des réserves pétrolières sont loin d’être des données purement scientifiques. C’est le reflet d’un patrimoine financier que les Etats valorisent ou déprécient, selon leur intérêt du moment. »

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=10130


samedi 26 janvier 2008

Biocarburants à partir d'algues, farce ou attrape?


Aux Etats-Unis, des dizaines de start up, nées en 2007, recherchent et développent la production d’huile carburant à partir d’algues.

Sur le papier, produire de l’huile carburant à partir d’algues semble être la substitution la plus plausible au pétrole.

Une production qui pourrait répondre à la fois aux problèmes environnementaux que sont les émissions de CO2 et aux besoins immenses d’énergies pour prospérer. La conversion par des algues de sources de carbone comme le CO2 en huile carburant donnerait en effet des rendements de 30 à 100 fois supérieurs aux cultures oléagineuses. Logique quand on connaît la capacité de prolifération des algues. Il y a dans l’algaculture de quoi bien approvisionner la planète sans rogner sur ses besoins en nourriture.

Autant dire que ce défi technique de l’huile d’algue fait rêver : plus d’émissions de CO2, du biocarburant en quantité suffisante, propre et renouvelable puisque l’énergie originelle vient du soleil.

Conscients de sa pétrodépendance, les États-Unis se passionnent pour ce sujet. En 2006 et 2007, on ne compte plus les startup, les blogs et les firmes ayant pignon sur rue qui annoncent le lancement d’une division de R&D ou d’une unité de production d’huile à partir d’algues.

Mais, pour l’instant, aucun volume significatif d’huile d’algue n’est sorti d’une quelconque usine, même pour les projets les plus concrets comme Greenfuel qui a pourtant levé 20 millions de dollars de fonds en 2006.
De nombreux chercheurs, phycologues ou algologues et autres spécialistes de la question, persuadés de pouvoir y arriver seuls, quittent leur unité de recherche avec quelques dizaines de milliers de dollars en poche pour fonder leur startup.

Même les compagnies pétrolières se lancent dans l’aventure, certaines simplement pour s’acheter une image éthique comme Petrosun et d’autres, de manière plus sérieuse, en injectant d’importants fonds comme Chevron ou Shell et son projet Cellena à Hawaï. Les algues sont cultivées dans d’immenses piscines à ciel ouvert utilisant de l’eau de mer. Chevron, la plus grande compagnie pétrolière américaine, fonde également de réels espoirs. D’autres pays se penchent également sur la question comme l’Inde avec Algoil et même la France depuis décembre 2006 avec le projet Shamash qui a levé 2,8 millions d’euros de fonds.

Les difficultés techniques de l’algaculture

Pour aboutir à un tel projet, les compétences requises sont nombreuses : génétique, phycologie, mécanique des fluides, biochimie et raffinage industriels, motoristes. Mais rien pour l’instant ne permet d’affirmer que les startup arriveront à des cultures d’algues contentant 80 % d’huile en poids comme le soutien GreenFuel, du moins en conditions industrielles. L’eutrophisation contrôlée, procédé par lequel les algues prolifèrent en conditions maîtrisées, est confrontée à de nombreux problèmes techniques :
- contamination des algues,
- solubilisation des gaz à base de carbone (fumées) tout en maintenant la viabilité du milieu,
- optimisation de l’interface gaz/liquide,
- souches d’algues adaptées,
- dispersion de la lumière dans les photobioréacteurs, etc.


Principale source d’intrants pour l’agriculture

Finalement, les chercheurs d’or vert devront probablement revenir à la réalité. Dans un premier temps, l’huile carburant risque de n’être qu’un coproduit de l’algaculture. La biomasse d’algues peut être aussi convertie en électricité via la méthanisation et la cogénération électrique. Egalement en fertilisants en remplacement des engrais ou en aliments pour le bétail. À terme, les principaux intrants de l’agriculture viendront probablement des algues.

Par David Lefebvre, le 31/12/2007. http://www.econologie.com/biocarburant-a-base-d-huile-de-microalgues-et-centrale-verte-articles-3576.html

Préambule

Retrouver dans ce site, les meilleurs articles et news sur l'environnement et en particulier sur l'énergie. Découvrons ensemble l'effet du "pas de l'Homme" sur notre terre et comment pouvons nous le réduire, tous ensemble.

Et rappelons nous, qu'un petit geste fait par une personne n'est rien, mais un petit geste fait par 6 milliards de personnes, c'est énorme !

Charlotte