mercredi 13 février 2008

Quel est le mot...




Impressionnant ... ou effarant ?


Et 35 ans seulement séparent ces deux clichés

(1970 - 2005)

http://www.neomansland.org/article-16380815.html

laisser son empreinte: oui, mais réduire son empreinte écologique: mieux !

Si ce n'est déjà fait, je vous invite vivement à calculer votre "empreinte écologique" (terme très très très à la mode il faut avouer...).

Il s'agit d'un indicateur élaboré par le WWF pour mesurer la pression qu’excerce l’homme sur la planète, à partir de l’utilisation des ressources naturelles ( énergie, pêche, forêts ) et la capacité de la terre de les régénérer.

De là, on déduit quelle " surface biologiquement productive" est nécessaire à une population pour maintenir son mode de vie.

Par exemple, si tout le monde vivait comme les francais (moyens..), il nous faudrait trois planètes terre pour vivre de manière durable...
Ce n’est pas pour nous défausser, mais il a bien pire encore, devinez-donc à quel pays il faudrait plus de quatre planètes pour vivre selon son mode de vie ?

Vous avez l’impression de vivre de manière économe et écologique ? Vous êtes-vous déjà demandé quelles étaient les conséquences de votre mode de vie sur la planète ?
Vous allez le découvrir bientôt...

Ce questionnaire sur l’Empreinte Ecologique mesure la quantité de terre et d’eau qui vous sont nécessaires pour produire ce que vous consommez et pour absorber ce que vous jetez. Après avoir répondu à 15 questions simples, vous allez pouvoir comparer votre Empreinte Ecologique à celle des autres habitants de la planète et à la capacité biologique de la Terre.


N’hésitez pas à faire le test, il prend moins de 5 minutes. C’est édifiant !



So british !

L’agriculture : la pire des inventions ?
Chaque année, la revue britannique The Ecologist organise avec le Coady International Institute un concours récompensant le meilleur essai sur les questions d’environnement. En 2006, l’heureux gagnant est un illustre inconnu, Clive Dennis. Il est l’auteur d’un article sobrement intitulé « L’agriculture : la pire invention de l’humanité », disponible sur le site internet de The Ecologist ainsi que dans le numéro d’octobre 2006 de sa version papier.

Sans la moindre ironie, Clive Dennis se livre à un éloge dithyrambique de la société préagricole basée sur la chasse et la cueillette. Selon lui, les quelques centaines de milliers d’humains qui peuplaient alors la planète goûtaient à un bonheur paradisiaque : « Les chasseurs-cueilleurs vivaient une vie de plénitude, dans une société décrite avec justesse comme “la société originelle d’abondance” ». Mère-nature - également appelée Gaïa - veillait et « il suffisait de consacrer trois à quatre heures [à la chasse] pour subvenir à ses besoins quotidiens en nourriture ». Le reste du temps était consacré « à rendre visite à des amis, faire de la musique, danser, philosopher, jouer avec les enfants, se relaxer et dormir » ! C’est « en changeant radicalement la façon de se procurer la nourriture [que] l’agriculture nous a condamnés à une vie pire que jamais : nous avons perdu notre temps libre ; nous mangeons moins bien ; nous disposons d’une moins bonne santé et nous avons perdu notre autonomie. Pire, l’agriculture a instauré les conditions premières des guerres de grande ampleur, des inégalités, des empires, d’une société hiérarchisée, de la pauvreté, de la criminalité, des famines et des changements climatiques induits par l’homme, ainsi que des extinctions massives ». Bref, le passage de la société nomade des chasseurs-cueilleurs à la société sédentaire agricole constituerait le péché originel de l’homme !

C’est ce que Clive Dennis tente de prouver, en citant notamment dans son article l’écologiste malthusien Paul Ehrlich, auteur du livre « La Bombe P. » publié en 1968. Dans cet ouvrage, le militant américain s’insurgeait contre le développement des pays du Sud : « Pensons à ce que deviendrait l’atmosphère si 700 millions de Chinois se mettaient à conduire des automobiles ». Et d’affirmer : « La plupart de ces nations ne seront jamais, en toute hypothèse, “développées” dans le sens où le sont aujourd’hui les pays industriels d’Amérique et d’Europe. On pourrait les appeler plus correctement des nations “qui ne seront jamais développées” ». Ces propos sont en parfaite harmonie avec ceux de Clive Dennis, qui encourage l’abandon du principe même de l’agriculture pour revenir aux sources primitives de l’humanité, c’est-à-dire à cette société préagraire « idyllique », à « cette vie que nous avons perdue » : « L’agriculture nous a privés de l’héritage de la société de la chasse et de la cueillette, rendant impossible la vie dans la société égalitaire et consensuelle de nos ancêtres. A sa place, elle nous impose des structures sociales nouvelles, des structures d’aliénation et de domination, qui nécessitent l’expansion de l’agriculture ».
Il conclut : « Notre vision utopiste d’un futur libéré des problèmes actuels grâce à l’ingéniosité humaine et aux compétences techniques est possible sur le papier, mais improbable dans le monde réel. Nous avons déjà commis la pire des erreurs possibles [en développant l’agriculture] et nous avons passé 10 000 ans à perfectionner cette invention désastreuse ».

On saisit mieux pourquoi tant de haine envers la science, le progrès et les OGM ! En revanche, il est plus difficile de comprendre comment The Ecologist et son petit réseau de militants extrémistes arrivent encore à bénéficier d’un quelconque crédit auprès de militants de syndicats agricoles... qu’ils tiennent précisément pour responsables du mal suprême !


Gil Rivière-Wekstein
Publié dans le numéro 44 d’a&e Janvier 2007

mardi 5 février 2008

L'alliance pour la Planète

Paris, France — Le 24/10/07 - A la fin de la première partie des négociations consacrées à la lutte contre les changements climatiques et l'énergie, l'Alliance pour la planète prend acte de l'annonce de la réorientation en profondeur de la politique énergétique. En revanche, le ministre Borloo n'a pas tiré les conclusions qui en découlent : abandon du projet EPR et adoption de la contribution climat énergie. L'arbitrage revient à Nicolas Sarkozy qui devra le lendemain impérativement trancher en faveur de ces mesures, qui seules permettront la rupture nécessaire de la politique énergétique française.


Rupture sur le bâtimentLes mesures prévues sur le bâtiment sont à la hauteur de l'enjeu : plan de rénovation de l'ancien, nouvelle réglementation thermique pour le neuf, rénovation des bâtiments publics. « L'impulsion est donnée. Elle témoigne d'une volonté de rupture de l'Etat. Il faut maintenant être très vigilant quant aux modalités d'applications qui seront décidées dans les groupes de travail » déclare Thierry Salomon, président de l'association Négawatt.

Simple impulsion sur les transports
Eco redevance sur les poids lourds, éco pastille sur les véhicules particuliers, transfert modal vers le ferroviaire et les voies d'eau… Les intentions sont exprimées et là encore, une volonté de rupture se dégage. « Encore une fois, tout dépend maintenant des modalités de mise en œuvre : l'objectif peut être ambitieux, mais nous n'avons guère de visibilité sur le calendrier et les moyens » affirme Olivier Louchard, du Réseau Action Climat France. Le gel annoncé en fanfare sur les nouvelles capacités routières et aéroportuaires peut par exemple être remis en cause pour des enjeux de sécurité ou de congestion ou d'« intérêt local ». « Ces trois termes, tout particulièrement le dernier, particulièrement flou, peuvent justifier de nouveaux projets irresponsables. »

Les conclusions ne sont pas tiréesLa France s'est approprié les objectifs fixés par l'Union européenne : amélioration de 20% de l'efficacité énergétique, 20% d'énergies renouvelables à l'horizon 2020. « C'est intéressant, mais la France peut aller beaucoup plus loin, comme le démontre le scénario développé par Negawatt : 30% d'efficacité et 25% d'énergie renouvelable » précise Thierry Salomon. Par ailleurs, les conclusions qui découlent des économies d'énergie et du développement des renouvelables décidées ne sont pas tirées : abandon du projet de réacteur EPR, devenu inutile, et instauration de la contribution climat énergie. « Le coût environnemental de l'énergie doit être absolument abordé : c'est la responsabilité de Nicolas Sarkozy d'engager demain au cours de ce Grenelle la France sur la voie de la rupture » déclare Yannick Jadot, porte parole de l'Alliance pour la planète. Le jour de l'ouverture du Grenelle, les pérégrinations marocaines pro nucléaires de M.Sarkozy, nouveau VRP d'Areva, constituent une véritable provocation !

lundi 4 février 2008

80 à 90 % des nuisances environnementales sont provoquées par...

... L'énergie, oui.


A tous les stades de sa transformation, l’énergie est source de nuisances : marées
noires, effet de serre, couche d’ozone, déchets radioactifs, la liste est longue et l’impact
environnemental de ces nuisances n’est plus nié par quiconque. La plus médiatisée de ces
menaces est le réchauffement climatique (majoritairement dû au CO2) dont d’origine
anthropique est aujourd’hui bien établie : le monde libère déjà deux fois plus de carbone que ce
que la Terre peut absorber (essentiellement par les océans).
Si les pays riches ne divisent pas
très vite par 4 ou 5 (voire 10 pour certains) leurs rejets de gaz à effet de serre (donc aussi leurs
consommations d’énergie), les désordres observés se multiplieront : inondations, tempêtes,
modification des régimes de climats et de pluies, inversion des grands courants marins, voire
« débullage » de l’océan qui au lieu d’absorber le CO2 relarguerait celui qu’il contient déjà.
L’issue serait fatale...

Le coût de ces désordres est déjà considérable : en 2002, la Munichoise de Réassurance
l’a évalué à 55 milliards de dollars pour le monde. Les tempêtes de 1999 ont coûté en France
plus de 15 milliards d’euros , soit le coût de 9 réacteurs nucléaires ou de 65 années du
plan national d’amélioration de l’efficacité énergétique...
En moyenne la hausse de température prévue par les différents modèles de prévision au
cours du 21ème siècle est de 4,1°C. On ne dispose pas dans les annales climatologiques de
températures terrestres supérieures de 4°C aux valeurs actuelles. En revanche on dispose de
températures inférieures de 5°C. C’était il y a 20.000 ans. Le niveau des océans était plus bas
de 120 m, l’Amérique et l’Europe du Nord jusqu'à l’Allemagne étaient recouvertes de 3 km de
glace, on allait à pied sec de France en Angleterre, et le sol Français était du permafrost
interdisant toute forme d’agriculture. On doit donc se convaincre rapidement que 4°C de plus
ne consistera pas à se bronzer plus longtemps en été et à se chauffer un peu moins en hiver. Il
risque de s’agir d’une disparition massive de la population humaine, et de conditions
d’existence qui n’auront radicalement plus rien à voir avec ce que nous connaissons
aujourd’hui...


La seconde menace environnementale est évidemment celle du nucléaire. En France, le
sujet est éminent polémique et cela nuit profondément à la qualité du débat. Mais reconnaître
tous ses mérites à l’énergie nucléaire ne dédouane guère d’une réflexion plus critique : déchets
sans solution, dissémination de matières radioactives, risques d’accidents majeurs,
dissémination de l’arme nucléaire (comme on l’observe avec les pays de l’ex-URSS qui se sont
constitués en pourvoyeurs de matière fissile bon marché, ou comme le scientifique Abdul Kahn
au Pakistan qui s’occupe quant à lui notamment de la Corée du Nord et de l’Iran) resteront
pour encore longtemps, et malgré la bienveillance de scientifiques de renom, les marques d’une
industrie bien sale, même si, en France, elle contribue de façon positive à la lutte contre le
réchauffement climatique...


Energie: les vrais enjeux
Olivier Sidler, Energéticien
Novembre 2002