mardi 5 février 2008

L'alliance pour la Planète

Paris, France — Le 24/10/07 - A la fin de la première partie des négociations consacrées à la lutte contre les changements climatiques et l'énergie, l'Alliance pour la planète prend acte de l'annonce de la réorientation en profondeur de la politique énergétique. En revanche, le ministre Borloo n'a pas tiré les conclusions qui en découlent : abandon du projet EPR et adoption de la contribution climat énergie. L'arbitrage revient à Nicolas Sarkozy qui devra le lendemain impérativement trancher en faveur de ces mesures, qui seules permettront la rupture nécessaire de la politique énergétique française.


Rupture sur le bâtimentLes mesures prévues sur le bâtiment sont à la hauteur de l'enjeu : plan de rénovation de l'ancien, nouvelle réglementation thermique pour le neuf, rénovation des bâtiments publics. « L'impulsion est donnée. Elle témoigne d'une volonté de rupture de l'Etat. Il faut maintenant être très vigilant quant aux modalités d'applications qui seront décidées dans les groupes de travail » déclare Thierry Salomon, président de l'association Négawatt.

Simple impulsion sur les transports
Eco redevance sur les poids lourds, éco pastille sur les véhicules particuliers, transfert modal vers le ferroviaire et les voies d'eau… Les intentions sont exprimées et là encore, une volonté de rupture se dégage. « Encore une fois, tout dépend maintenant des modalités de mise en œuvre : l'objectif peut être ambitieux, mais nous n'avons guère de visibilité sur le calendrier et les moyens » affirme Olivier Louchard, du Réseau Action Climat France. Le gel annoncé en fanfare sur les nouvelles capacités routières et aéroportuaires peut par exemple être remis en cause pour des enjeux de sécurité ou de congestion ou d'« intérêt local ». « Ces trois termes, tout particulièrement le dernier, particulièrement flou, peuvent justifier de nouveaux projets irresponsables. »

Les conclusions ne sont pas tiréesLa France s'est approprié les objectifs fixés par l'Union européenne : amélioration de 20% de l'efficacité énergétique, 20% d'énergies renouvelables à l'horizon 2020. « C'est intéressant, mais la France peut aller beaucoup plus loin, comme le démontre le scénario développé par Negawatt : 30% d'efficacité et 25% d'énergie renouvelable » précise Thierry Salomon. Par ailleurs, les conclusions qui découlent des économies d'énergie et du développement des renouvelables décidées ne sont pas tirées : abandon du projet de réacteur EPR, devenu inutile, et instauration de la contribution climat énergie. « Le coût environnemental de l'énergie doit être absolument abordé : c'est la responsabilité de Nicolas Sarkozy d'engager demain au cours de ce Grenelle la France sur la voie de la rupture » déclare Yannick Jadot, porte parole de l'Alliance pour la planète. Le jour de l'ouverture du Grenelle, les pérégrinations marocaines pro nucléaires de M.Sarkozy, nouveau VRP d'Areva, constituent une véritable provocation !

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