lundi 4 février 2008

80 à 90 % des nuisances environnementales sont provoquées par...

... L'énergie, oui.


A tous les stades de sa transformation, l’énergie est source de nuisances : marées
noires, effet de serre, couche d’ozone, déchets radioactifs, la liste est longue et l’impact
environnemental de ces nuisances n’est plus nié par quiconque. La plus médiatisée de ces
menaces est le réchauffement climatique (majoritairement dû au CO2) dont d’origine
anthropique est aujourd’hui bien établie : le monde libère déjà deux fois plus de carbone que ce
que la Terre peut absorber (essentiellement par les océans).
Si les pays riches ne divisent pas
très vite par 4 ou 5 (voire 10 pour certains) leurs rejets de gaz à effet de serre (donc aussi leurs
consommations d’énergie), les désordres observés se multiplieront : inondations, tempêtes,
modification des régimes de climats et de pluies, inversion des grands courants marins, voire
« débullage » de l’océan qui au lieu d’absorber le CO2 relarguerait celui qu’il contient déjà.
L’issue serait fatale...

Le coût de ces désordres est déjà considérable : en 2002, la Munichoise de Réassurance
l’a évalué à 55 milliards de dollars pour le monde. Les tempêtes de 1999 ont coûté en France
plus de 15 milliards d’euros , soit le coût de 9 réacteurs nucléaires ou de 65 années du
plan national d’amélioration de l’efficacité énergétique...
En moyenne la hausse de température prévue par les différents modèles de prévision au
cours du 21ème siècle est de 4,1°C. On ne dispose pas dans les annales climatologiques de
températures terrestres supérieures de 4°C aux valeurs actuelles. En revanche on dispose de
températures inférieures de 5°C. C’était il y a 20.000 ans. Le niveau des océans était plus bas
de 120 m, l’Amérique et l’Europe du Nord jusqu'à l’Allemagne étaient recouvertes de 3 km de
glace, on allait à pied sec de France en Angleterre, et le sol Français était du permafrost
interdisant toute forme d’agriculture. On doit donc se convaincre rapidement que 4°C de plus
ne consistera pas à se bronzer plus longtemps en été et à se chauffer un peu moins en hiver. Il
risque de s’agir d’une disparition massive de la population humaine, et de conditions
d’existence qui n’auront radicalement plus rien à voir avec ce que nous connaissons
aujourd’hui...


La seconde menace environnementale est évidemment celle du nucléaire. En France, le
sujet est éminent polémique et cela nuit profondément à la qualité du débat. Mais reconnaître
tous ses mérites à l’énergie nucléaire ne dédouane guère d’une réflexion plus critique : déchets
sans solution, dissémination de matières radioactives, risques d’accidents majeurs,
dissémination de l’arme nucléaire (comme on l’observe avec les pays de l’ex-URSS qui se sont
constitués en pourvoyeurs de matière fissile bon marché, ou comme le scientifique Abdul Kahn
au Pakistan qui s’occupe quant à lui notamment de la Corée du Nord et de l’Iran) resteront
pour encore longtemps, et malgré la bienveillance de scientifiques de renom, les marques d’une
industrie bien sale, même si, en France, elle contribue de façon positive à la lutte contre le
réchauffement climatique...


Energie: les vrais enjeux
Olivier Sidler, Energéticien
Novembre 2002


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